Vidéo réalisée par Laurent Sougey-Lardin 2012

« L’art est toujours le résultat d’une contrainte. Croire
qu’il s’élève d’autant plus haut qu’il est plus libre, c’est
croire que ce qui retient le cerf-volant pour monter,
c’est sa corde. La colombe de Kant, qui pense qu’elle
volerait mieux sans cet air qui gêne son aile, méconnaît
qu’il lui faut, pour voler, cette résistance de l’air pour
pouvoir appuyer son aile. C’est sur de la résistance, de
même, que l’art doit pouvoir s’appuyer pour monter.
[…] Le grand artiste est celui qu’exalte la gêne, à qui
l’obstacle sert de tremplin […].
L’art naît de contrainte,
vit de lutte, meurt de liberté. »
André Gide, Nouveaux Prétextes, 1911.

Quand on pense aux milieux artistiques et scientifiques, on a plutôt tendance à les opposer, la subjectivité de l’artiste face à l’objectivité du scientifique, l’imaginaire face au réel.
Ceci serait selon le sociologue Christian Ruby dû à un « double héritage positiviste et romantique lequel sépare radicalement Arts et Sciences, (…) dans les esprits pour les hiérarchiser sans les comprendre ».

Pourtant nous assistons à de nombreuses tentatives de rapprochement entre les Arts et les Sciences, notamment pour favoriser la créativité et l’innovation. Ces démarches ont donné naissance à des structures telles que l’Atelier Arts-Sciences à Grenoble, plateforme de recherche initiée par l’Hexagone de Meylan et le CEA, impliquant artistes et scientifiques. Les objectifs de ces plateformes sont multiples mais s’articulent autour d’une idée, favoriser l’innovation.

(Credit Yann Nguema, Nadege Dumarché, Anne Quesnel Hellmann)